La Faculté de Médecine, de Pharmacie et de Médecine Dentaire d’Oujda accueillera, samedi 17 octobre 2026 à 17 heures, une table ronde consacrée à la place de l’intelligence artificielle dans la formation médicale. Organisée dans le cadre du diplôme universitaire « IA en Santé », cette rencontre interrogera les possibilités pédagogiques de ces outils et les conditions de leur utilisation.
Par le Dr Mahjoub Abdeddaim
Médecin rhumatologue — Éthique, IA et santé
Comment former les médecins à utiliser l’intelligence artificielle tout en développant leur propre jugement ? C’est autour de cette question que se tiendra, ce samedi, une table ronde dans la salle Al Farissi de la Faculté de Médecine, de Pharmacie et de Médecine Dentaire d’Oujda. Son intitulé annonce clairement le débat : « Former les médecins avec l’IA : progrès pédagogique ou dépendance intellectuelle ? »
Pour une faculté de médecine, cette réflexion touche au cœur de sa mission. Former un praticien suppose de lui transmettre des connaissances, mais aussi de lui apprendre à observer, à confronter des hypothèses et à décider dans des situations parfois incertaines. L’arrivée de nouveaux outils d’assistance invite à examiner la manière dont ces compétences se construisent.
L’IA peut servir à expliquer une notion complexe, à proposer des exercices ou à accompagner la discussion d’un cas clinique. Ces usages offrent des pistes intéressantes pour l’enseignement. Leur valeur dépend toutefois de la place laissée à l’étudiant : participe-t-il activement au raisonnement ou se contente-t-il de reprendre une réponse déjà élaborée ?
Une explication convaincante peut contenir des erreurs. Une réponse correcte peut également être reproduite sans être comprise. L’enjeu pédagogique consiste donc à apprendre aux futurs médecins à vérifier les informations, à discuter les arguments et à reconnaître les limites de l’outil. La facilité d’accès à une réponse rend cet effort de compréhension d’autant plus nécessaire.
Cette évolution concerne aussi les enseignants et les modalités d’évaluation. Comment apprécier les connaissances réellement acquises lorsque l’étudiant bénéficie d’une assistance numérique ? Quelle place réserver aux exercices sans IA ? Comment évaluer sa capacité à expliquer une décision et à la réviser face à un élément nouveau ? Autant de questions qui méritent une discussion collective au sein des facultés.
La rencontre réunira plusieurs personnalités aux compétences complémentaires. Le programme annonce la participation du Pr Khalid Serraj Andaloussi, doyen de la Faculté de Médecine, de Pharmacie et de Médecine Dentaire d’Oujda, ainsi que du Pr Intissar Haddiya, professeure de l’enseignement supérieur et directrice du DU « IA en Santé ».
Sont également annoncés le Pr Aawatif Hayar, professeure à l’UM6P et à l’UH2C, ancienne ministre de la Solidarité, de l’Insertion sociale et de la Famille, et le Pr Ihsane Hmamouchi, rhumatologue, épidémiologiste clinicienne et vice-doyenne de la Faculté de Médecine de l’Université Internationale de Rabat. Le Pr Hassan Ghazal, président de la Société Marocaine de Télémédecine et eSanté, et le Pr Az-Eddine Bennani, expert en intelligence artificielle et gouvernance numérique, complètent ce panel.
Le croisement de ces regards permettra d’aborder les choix pédagogiques, les exigences de la pratique clinique et les enjeux de gouvernance liés à l’IA. À travers cette table ronde, Oujda accueille ainsi un débat qui concerne les enseignants et les étudiants, mais aussi les patients : quelles compétences voulons-nous préserver et développer chez les médecins de demain ?
L’ambition est de former des praticiens capables de travailler avec ces outils, d’en examiner les propositions et de conserver la responsabilité de leur jugement. Car apprendre la médecine demeure un exercice de compréhension et de discernement, au service d’une personne dont il faut entendre l’histoire et reconnaître la singularité.











Conscienceمنذ 9 ساعات
Remarquablement, vous enrichissez vos écrits arabes, déjà si recherchés, par cet éclairage en français sur la formation des médecins à l’ère de l’IA. Si celle-ci ouvre des perspectives prometteuses pour le diagnostic et les soins, elle doit ,avant tout ,aider les médecins à affiner leur jugement sans jamais se substituer à leur expertise humaine.
Merci pour cette belle initiative intellectuelle qui met en lumière un enjeu essentiel pour la médecine de demain.